Indicateur

De Atelier Tableaux de bord Migrateurs
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(extraits du rapport de Master 2, S.Collin, 2010)

Les indicateurs : Unités fondamentales des Tableaux de bord[modifier]

Appliqués au domaine environnemental, les indicateurs sont dits environnementaux ou de développement durable. Ceux-ci prennent leur origine à la conférence de l´ONU sur l´Environnement et le Développement (UNCED) à Rio de Janeiro en 1992. L’un des cinq textes majeurs (Action 21, chapitre 40) précise qu’il faut élaborer des indicateurs du développement durable qui puissent renforcer la capacité à tous les échelons de recueillir des informations multisectorielles et de les utiliser dans le processus de prise de décision. Ceci dans le but de contribuer « à la durabilité autorégulatrice des systèmes intégrés de l’environnement et du développement » (UNCED, 1992a). La notion d’indicateurs est large, quelques unes des définitions les plus couramment rencontrées sont listées ci-dessous :

  • « Ils facilitent l'interprétation et le jugement de ces systèmes relativement à un objectif de sorte que les utilisateurs puissent prendre des décisions appropriées qui mènent à la réalisation de ces objectifs. Ils s’expriment par une valeur comparée à une référence, afin d'évaluer l'écart par rapport à l'objectif fixé » (KERR, 1990)
  • « Les indicateurs simplifient afin de rendre des phénomènes complexes quantifiables de façon à ce que la communication soit permise ou favorisée » (ADRIAANSE, 1993)
  • « Un indicateur est un paramètre ou une valeur dérivée de paramètres donnant des informations sur un phénomène. […] Cette simplification et cette adaptation aux besoins des utilisateurs peuvent ne pas toujours répondre en toute rigueur à l’exigence scientifique de mise en évidence des relations de causalité. Il convient donc de considérer les indicateurs comme l’expression des meilleures connaissances disponibles » (OCDE, 1993)
  • « Ils fournissent des informations au sujet d’un système complexe en vue de faciliter sa compréhension […] aux utilisateurs de sorte qu’ils puissent prendre des décisions appropriées qui mènent à la réalisation des objectifs » (MITCHELL et al., 1995)
  • « Ils doivent répondre aux attentes des utilisateurs en offrant une réponse adaptée aux besoins de gestion, à l’aide décisionnelle et ce à partir de données accessibles tout en étant sensibles aux variations du système » (GIRARDIN et al., 1999)
  • « Les indicateurs peuvent être des mesures d’attributs écologiques (physique, chimique, biologique) ou une synthèse de plusieurs mesures » (CALFED, 2000)

Seuils de références et interprétation[modifier]

Les règles d’interprétation, valeurs seuils ou références permettent d’interpréter les indicateurs. Ces règles consistent, en fonction de l’évolution que les indicateurs ont connu et qu’ils connaîtront, à déterminer des seuils permettant de mettre en place un système de notation pour chaque indicateur (ROCHARD & WOILLEZ, 2003). En effet, les indicateurs fournissent une donnée qualitative ou quantitative qui doit être comparée à une valeur seuil ou une référence afin d’évaluer la situation. Il est donc nécessaire de déterminer pour chaque indicateur ses propres règles de façon à mettre en évidence l’état du système. Le concept de seuil dans les changements environnementaux est bien établi en écologie ; lorsque la cause de la dégradation disparait les écosystèmes ne peuvent revenir à l’état initial s’ils ont franchi un seuil d'irréversibilité (LEFLOC'H & ARONSON, 1995). Il est donc essentiel de choisir des valeurs de passage d’un état de dégradation à l’autre, ainsi qu’un seuil d’irréversibilité (ROSELT/OSS-DS4, 2004). Ces éléments peuvent être difficiles à mettre en place, par manque de connaissances, de données historiques ou d’objectifs chiffrés permettant d’établir clairement un état de référence à atteindre et les niveaux intermédiaires.

Critères de qualité d'un indicateur[modifier]

Les qualités intrinsèques aux indicateurs sont nombreuses. Ils doivent être simples, pertinents et exprimés en des termes auxquels les utilisateurs sont habitués et qu’ils acceptent comme reflétant la réalité (ROSELT/OSS-DS4, 2004). Leur nombre est limité afin de ne pas perdre les informations principales dans une multitude de données difficiles à interpréter. Ils nécessitent également d’être facilement reproductibles et économiquement réalisables afin de perdurer. Ils requièrent sensibilité (MAURIZI & VERREL, 2002) et fiabilité, de manière à mettre en évidence les changements au sein du système. Enfin, les caractéristiques métrologiques des données qui les composent doivent être correctes.

Voir Aussi[modifier]